Gérer une sous-location, c’est d’abord respecter une séquence précise : recevoir l’avis écrit du locataire, répondre dans les 15 jours, vérifier le candidat, documenter l’entente et garder un œil sur le bail principal. Vous ne perdez pas votre locataire en acceptant une sous-location, mais vous gagnez un occupant que vous n’avez pas choisi au départ. Ce guide, écrit du point de vue du propriétaire et du gestionnaire d’immeubles locatifs, couvre le cadre légal québécois et les gestes concrets à poser.
En bref
- Le locataire a le droit de sous-louer, mais il doit vous aviser par écrit et vous donner le nom et l’adresse de la personne visée (Code civil du Québec, art. 1870).
- Vous avez 15 jours pour répondre. Le silence vaut consentement, et un refus doit reposer sur un motif sérieux (Tribunal administratif du logement).
- Le locataire principal reste responsable du loyer et des dommages. C’est toujours lui, votre interlocuteur légal.
- Le sous-locataire ne peut pas payer un loyer supérieur à celui du bail principal, sauf pour des frais raisonnables liés aux meubles et aux services.
- Sur un parc d’unités, un processus écrit et un suivi centralisé évitent les sous-locations oubliées, les reconductions involontaires et les conflits.
Table des matières
- Sous-location ou cession de bail : la distinction qui change tout
- Ce que prévoit la loi : l’avis et le délai de 15 jours
- Refuser une sous-location : seulement pour un motif sérieux
- La sous-location non autorisée : que faire?
- Loyer, dépôt et frais : ce que le locataire principal peut demander
- Assurance : qui couvre quoi?
- Le risque que l’on oublie : la sous-location longue et la reconduction
- Mettre fin à une sous-location
- Pourquoi la sous-location se gère mieux avec un système
- Notre point de vue : traiter la sous-location comme un événement de gestion, pas comme un incident
- Quand déléguer la gestion des sous-locations
- FAQ
- Sources
Sous-location ou cession de bail : la distinction qui change tout
Les deux options se confondent souvent dans les demandes que reçoivent les propriétaires. Elles n’ont pourtant pas les mêmes effets.
Dans une cession de bail, le locataire transmet son bail à une autre personne, qui le remplace. Le cédant sort du portrait. Dans une sous-location, le locataire principal garde son bail et met le logement à la disposition d’une autre personne, souvent pour une période limitée : un séjour d’études, un contrat de travail ailleurs, un long voyage. Éducaloi détaille ces deux mécanismes pour les locataires.
Pour vous, la conséquence est simple. Avec une sous-location, le lien juridique reste entre vous et le locataire principal. Le sous-locataire n’a pas de lien direct avec vous. En cas de retard de paiement, de bruit ou de dégât, vous vous adressez au locataire d’origine, qui a lui-même un recours contre son sous-locataire.
| Sous-location | Cession de bail | |
|---|---|---|
| Qui est votre locataire ensuite? | Le locataire d’origine | La personne qui reprend le bail |
| Durée habituelle | Temporaire | Jusqu’à la fin du bail |
| Qui répond du loyer? | Le locataire principal | Le nouveau locataire |
| Avis écrit au propriétaire | Oui | Oui |
| Délai de réponse | 15 jours | 15 jours |
Trois situations particulières sont exclues par le Code civil, notamment lorsque le logement est la résidence familiale d’un couple et que le conjoint s’oppose, comme le précise Éducaloi. Un propriétaire ne peut par ailleurs pas interdire la sous-location par une clause générale dans le règlement d’immeuble ou dans une annexe au bail.
Ce que prévoit la loi : l’avis et le délai de 15 jours
L’article 1870 du Code civil fixe la règle. Le locataire doit vous aviser de son intention, vous indiquer le nom et l’adresse de la personne à qui il compte sous-louer, et attendre votre réponse (Légis Québec). Le Tribunal administratif du logement (TAL) offre des modèles d’avis que les locataires utilisent souvent.
Vous disposez de 15 jours à compter de la réception de l’avis pour répondre. La sous-location ne peut donc pas prendre effet avant la fin de ce délai. Et si vous ne répondez pas, le TAL rappelle que vous êtes réputé avoir consenti.

C’est le piège le plus courant. Un avis glissé dans une boîte aux lettres, perdu dans une boîte courriel partagée ou reçu pendant des vacances peut produire un consentement par simple écoulement du temps. Dans un immeuble de 40 ou 80 portes, ce risque est bien réel.
Les gestes à poser dès la réception de l’avis
- Datez la réception. Notez la date exacte, car le délai de 15 jours court à partir de là.
- Vérifiez le contenu. Le nom, l’adresse actuelle du candidat et l’intention de sous-louer doivent figurer dans l’avis.
- Évaluez le candidat. Voir la section suivante.
- Répondez par écrit. Que ce soit pour accepter ou pour refuser, gardez une preuve d’envoi.
- Classez le dossier. Avis, réponse, coordonnées du sous-locataire, dates de début et de fin.
Refuser une sous-location : seulement pour un motif sérieux
Vous ne pouvez pas dire non par principe. Selon le TAL, le refus doit s’appuyer sur un motif sérieux, par exemple l’insolvabilité du candidat ou des antécédents de mauvais comportement. Un refus sans motif peut être contesté.
Concrètement, un motif sérieux se documente. « Je préfère une autre personne » ne tient pas. « Le candidat a un historique de paiement irrégulier établi par une vérification de crédit » est un tout autre dossier. Si vous faites cette vérification, respectez le cadre qui protège les renseignements personnels : notre article sur la vérification de crédit d’un locataire sans risque de plainte explique comment procéder.
Si vous croyez avoir un motif sérieux mais que le locataire passe outre, la voie à suivre passe par le TAL, et non par des gestes de force comme changer les serrures. Pour les situations qui dégénèrent, voyez aussi notre guide sur la mise en demeure pour loyer impayé.

La sous-location non autorisée : que faire?
Il arrive qu’un locataire sous-loue sans vous prévenir, parfois sur une plateforme de location de courte durée. Quelques constats pour agir calmement.
- Vérifiez les faits avant d’écrire. Une annonce en ligne, des visiteurs réguliers, un nom inconnu sur la boîte aux lettres : documentez avec dates et captures.
- Écrivez au locataire principal. Rappelez l’obligation d’aviser et de demander le consentement prévue à l’article 1870, et demandez des explications.
- Rappelez la limite de loyer. Un locataire ne peut pas tirer un profit en facturant un sous-locataire plus que son propre loyer, sauf frais raisonnables.
- Vérifiez le bail et le règlement d’immeuble. En copropriété, la déclaration de copropriété peut aussi encadrer la location, notamment à court terme, comme le souligne Gestion MAHD.
- Consultez un avocat ou le TAL avant de demander la résiliation du bail. Les conséquences dépendent des faits : durée, préjudice, bonne foi des parties.
Une sous-location faite en bonne et due forme, même si elle déplaît, vaut mieux qu’une sous-location cachée. Un locataire qui sait que sa demande sera traitée en quelques jours, par un interlocuteur clair, a moins de raisons de contourner la procédure.
Loyer, dépôt et frais : ce que le locataire principal peut demander
Le locataire qui sous-loue ne peut pas exiger un loyer plus élevé que celui qu’il vous verse. Il peut toutefois demander des frais raisonnables pour l’usage de ses meubles et faire assumer au sous-locataire le coût de services comme l’internet ou l’électricité, selon Éducaloi.
Cela vous concerne de deux façons :
- vous continuez d’encaisser le loyer auprès du locataire principal, au même montant et à la même date;
- si un conflit éclate sur le loyer facturé au sous-locataire, c’est une affaire entre eux, mais elle peut vous atteindre indirectement si elle mène à des retards de paiement.
Sur le plan fiscal, les frais de gestion d’une sous-location ou d’une relocation confiée à une agence sont déductibles des revenus locatifs, selon ce guide sur l’impôt locatif au Québec. Gardez vos factures : sans documentation, la dépense ne peut pas être réclamée en cas de vérification. Votre comptable confirmera ce qui s’applique à votre situation.
Assurance : qui couvre quoi?
La sous-location ne libère pas le locataire principal de ses obligations. En cas de dommages causés par le sous-locataire, c’est lui qui répond envers vous. L’assurance responsabilité civile est donc impérative pour le locataire principal et fortement recommandée pour le sous-locataire, selon Gestion MAHD. Dans certains cas, le bail ou la déclaration de copropriété impose l’assurance pendant toute la durée de la location.
Au moment de répondre à l’avis, demandez une preuve d’assurance à jour couvrant la période de sous-location. Si votre politique d’immeuble exige une couverture minimale, notre article sur l’assurance locataire pour propriétaires et gestionnaires détaille les montants et les usages.
Le risque que l’on oublie : la sous-location longue et la reconduction
Une sous-location qui s’étire, par exemple au-delà de 12 mois, pose un risque de gestion particulier : la reconduction du bail. Si le bail arrive à échéance et que vous n’agissez pas dans les délais prévus, il se reconduit aux conditions précédentes, avec le même locataire principal, même s’il n’habite plus les lieux. Les règles de modification de bail et de reprise sont encadrées par le TAL. Pour les reprises de logement, notre page sur la reprise de logement au Québec rappelle les conditions.
La bonne pratique est un calendrier : pour chaque sous-location, inscrivez la date de fin prévue de l’entente, la date de fin du bail, et les échéances à surveiller avant le renouvellement. Un oubli de trois semaines peut coûter une année complète.
Mettre fin à une sous-location
La sous-location prend fin à la date convenue entre le locataire principal et le sous-locataire, ou à la fin du bail principal. Quelques points à surveiller :
- Le bail principal ne change pas. Si le locataire d’origine revient, il reprend son logement. Sinon, il doit gérer son départ comme n’importe quel locataire. Notre guide sur les départs de locataires sans friction s’applique aussi ici.
- L’inspection. Faites un état des lieux à l’arrivée et au départ du sous-locataire, même si légalement vous traitez avec le locataire principal. Les photos datées règlent les désaccords plus vite que les souvenirs.
- Les clés et accès. Récupérez ou désactivez les accès du sous-locataire à la date de fin, pour ne pas laisser un occupant sans titre.
Pourquoi la sous-location se gère mieux avec un système
Pris isolément, un avis de sous-location est simple. Multiplié par plusieurs immeubles, il devient un risque d’organisation : délais manqués, preuves d’assurance perdues, échanges éparpillés entre textos et courriels.
Trois habitudes font la différence.
- Un point d’entrée unique. Une adresse courriel ou un portail où arrivent tous les avis, avec accusé de réception.
- Un dossier par sous-location. Avis, réponse, assurance, état des lieux, coordonnées et dates, au même endroit.
- Une traçabilité financière. Les loyers continuent d’être perçus du locataire principal; chaque mouvement doit apparaître clairement dans votre comptabilité.
Les investisseurs exigent de plus en plus cette rigueur. Elle s’applique d’ailleurs à tous les événements de la vie d’un bail : plaintes, retards, départs. Si vous cherchez à structurer l’ensemble, regardez notre texte sur la gestion locative sans friction et celui sur la façon de gérer les plaintes de locataires sans perdre le contrôle.
Notre point de vue : traiter la sous-location comme un événement de gestion, pas comme un incident
Nous gérons des immeubles locatifs dans la grande région de Montréal, et nous voyons la sous-location autrement que beaucoup de propriétaires. Ce n’est pas une menace : c’est un événement prévisible du cycle de vie d’un bail, comme un renouvellement ou un départ. Ce qui la rend risquée, c’est l’absence de procédure.
Notre approche repose sur trois idées. D’abord, la rapidité : le délai de 15 jours est court, et le silence vaut acceptation, donc chaque demande doit être vue et traitée le jour même. Ensuite, la preuve : tout ce qui touche à la demande, à la réponse et à l’occupant doit être consigné de manière qu’un investisseur, un comptable ou le TAL puisse le relire sans nous. Enfin, la transparence : notre plateforme de suivi donne aux propriétaires un accès en temps réel à l’information financière et opérationnelle, de sorte qu’aucune sous-location ne passe sous le radar.
Pour les projets neufs, nous recommandons d’inclure la sous-location dans la politique de location dès la conception : modèle d’avis, exigences d’assurance, règles de communication. Cela évite d’improviser à la première demande, souvent au moment où l’immeuble est en pleine phase de location.
— Fred
Quand déléguer la gestion des sous-locations
Si vous possédez un ou deux logements et que vous avez du temps, vous pouvez tout faire vous-même avec les modèles du TAL et un bon classeur. Au-delà, ou si vous êtes développeur avec un immeuble neuf à stabiliser, la délégation devient raisonnable. Notre article sur le coût réel d’une gestion locative au Québec compare l’autogestion et la délégation, et celui sur le mandat de gestion locative explique ce que le contrat doit prévoir.
Chez Linq Immobilier, la gestion des locataires couvre les demandes, les communications et les urgences 24/7, et notre gestion financière et administrative assure perception des loyers, rapports et relevés. Une demande de sous-location s’insère dans ce flux : réception, analyse, réponse écrite, suivi. Vous pouvez consulter l’ensemble de nos services de gestion ou, si vous livrez un immeuble neuf, notre offre de mise en location clé en main pour développeurs.
FAQ
Qui est responsable en cas de sous-location?
Le locataire principal reste responsable envers vous du loyer, de l’état du logement et du respect du bail. Il répond aussi des gestes de son sous-locataire. Le sous-locataire n’a pas de lien direct avec le propriétaire, mais le locataire principal peut se retourner contre lui.
Un propriétaire peut-il refuser une sous-location?
Oui, mais seulement pour un motif sérieux, comme l’insolvabilité du candidat ou des antécédents de mauvais comportement. Vous devez répondre par écrit dans les 15 jours suivant la réception de l’avis. Sans réponse de votre part, vous êtes réputé avoir consenti.
Le locataire peut-il sous-louer plus cher que son loyer?
Non. Le locataire principal ne peut pas exiger un loyer supérieur à celui qu’il vous paie. Il peut demander des frais raisonnables pour ses meubles et faire payer au sous-locataire des services comme l’internet ou l’électricité.
Quelle est la différence entre cession et sous-location au Québec?
Avec une cession, un nouveau locataire reprend le bail et remplace le cédant. Avec une sous-location, le locataire d’origine garde son bail et reste responsable envers vous, tandis que l’occupant temporaire lui est lié directement. Dans les deux cas, un avis écrit au propriétaire est nécessaire.
Sources
- Légis Québec : Code civil du Québec, article 1870
- Tribunal administratif du logement : contrat de cession de bail et avis de sous-location
- Tribunal administratif du logement : cession d’un bail ou sous-location
- Éducaloi : la cession de bail et la sous-location de logement
- Boussole Finance : impôts sur les revenus locatifs au Québec
- Gestion MAHD : la location d’un condo