Remettre un appartement sans litige tient en trois gestes : préparer le logement avant la date de départ, comparer son état à celui de l’arrivée pièce par pièce, puis tout documenter par écrit et en photos. Cette checklist s’adresse autant au locataire qui quitte qu’au propriétaire ou au gestionnaire qui reprend les clés et doit relouer vite. Vous y trouverez les étapes dans l’ordre, la frontière entre usure normale et dommages, les vérifications de sécurité et les pièges qui font perdre du temps.
En bref
- Commencez 2 à 3 mois avant le départ : comparez l’état actuel au rapport d’emménagement, listez ce qui doit être réparé ou nettoyé.
- L’usure normale n’est pas imputable au locataire; les dommages, la négligence et le manque d’entretien le sont.
- Faites la visite ensemble, pièce par pièce, et photographiez chaque défaut avec des plans larges et des détails.
- Côté propriétaire, la remise en location demande un logement en bon état de réparation, d’habitabilité et de propreté, avertisseurs de fumée vérifiés.
- Signez et datez le rapport de sortie, conservez les photos horodatées et les clés remises.
Table des matières
- Ce que la remise d’un appartement recouvre vraiment
- Avant la remise : le calendrier à suivre
- Le jour de la remise, étape par étape
- La checklist pièce par pièce
- Usure normale ou dommage : où tracer la ligne
- Entretien et nettoyage : qui fait quoi
- Les vérifications du propriétaire avant la relocation
- Comment documenter pour éviter le litige
- Les pièges à éviter
- Ce que nous voyons sur le terrain
- Confier la remise et la relocation à une équipe dédiée
- FAQ
- Sources
Ce que la remise d’un appartement recouvre vraiment
La remise est le moment où le locataire rend le logement et où le locateur en prend possession. Au Québec, le principe de départ est simple : au terme du bail, le locataire doit rendre le logement dans l’état où il l’a reçu, sauf l’usure normale et les détériorations ou défauts qui ne sont pas de sa faute. Tout le reste de la checklist découle de cette phrase : il faut savoir comment le logement était au départ, comment il est maintenant, et pourquoi il a changé.
Ce que vous cherchez en ligne sous le nom « checklist remise d’appartement » renvoie souvent à des guides suisses, où la remise est un rendez-vous très formalisé avec un protocole signé. Ce n’est pas le cadre québécois. Ici, la date de fin de bail, l’état de référence et la preuve comptent plus que le formalisme. Un rapport d’inspection reste pourtant la meilleure arme des deux côtés.
Avant la remise : le calendrier à suivre
Une remise réussie se prépare par étapes. Voici un rythme réaliste, que les propriétaires et gestionnaires peuvent aussi proposer à leurs locataires.
2 à 3 mois avant : le comparatif
- Retrouvez le rapport d’inspection d’emménagement, avec ses photos s’il y en a. Si le locataire n’en a pas, demandez-le au locateur ou au gestionnaire.
- Faites le tour du logement avec ce document en main et notez les écarts : taches, trous, éraflures, appareils qui ne fonctionnent plus.
- Triez les écarts en deux colonnes : ce qui existait déjà ou relève de l’usure normale, et ce qui a été causé pendant le bail.
- Planifiez les réparations qui vous reviennent. Un petit trou de cadre se règle en une soirée; un plancher endommagé demande un professionnel et du temps.
1 à 2 mois avant : la planification
- Confirmez la date de départ et la remise des clés par écrit, courriel compris.
- Prévenez les services : Hydro-Québec, internet, assurance habitation, changement d’adresse.
- Réservez le camion ou les déménageurs et prévoyez le nettoyage dans la foulée, jamais après la remise des clés.
- Côté propriétaire, vérifiez si une visite des lieux pour la relocation est prévue et dans quelles conditions, en respectant les règles sur les visites.
2 à 3 semaines avant : le rendez-vous
Proposez par écrit une date et une heure pour la visite de sortie. Une proposition écrite laisse une trace et évite qu’un désaccord de calendrier devienne un désaccord sur le fond. Si vous gérez plusieurs portes, un processus de départ clair et uniforme réduit les frictions d’un locataire à l’autre.
Le jour de la remise, étape par étape
Avant l’arrivée du locateur
- Le logement est vide : meubles, boîtes, sacs, objets dans les rangements, le balcon et le local de rangement.
- Le nettoyage est fait, le réfrigérateur et le four compris.
- Les murs sont propres, et les petits trous sont rebouchés si vous les avez faits.
- Les clés, cartes, télécommandes et fobs sont regroupés et comptés.
- Les compteurs ou relevés utiles sont notés, quand le logement a un compteur individuel.
Pendant la visite
La méthode recommandée par la Société canadienne d’hypothèques et de logement est de vérifier l’état de chaque pièce en le comparant à l’inspection d’emménagement, de photographier les problèmes observés et de sauvegarder les photos. Procédez toujours dans le même ordre : entrée, salon, cuisine, salle de bain, chambres, rangements, balcon. Un ordre fixe évite les oublis.
Pour chaque pièce, parlez à voix haute de ce que vous voyez et notez-le. Évitez les formules générales comme « état correct »; décrivez : « tache de 5 cm sur le stratifié, côté fenêtre ». Ne laissez aucune case vide : écrivez « rien à signaler » plutôt que de la laisser blanche.
À la fin de la visite
- Relisez le rapport avant de le signer.
- Datez-le et signez-le des deux côtés.
- Remettez les clés contre une trace écrite, même un simple courriel de confirmation.
- Chacun repart avec une copie, papier ou photo claire.
La checklist pièce par pièce
Un tableau vaut mieux qu’un long paragraphe pour garder le fil pendant la visite. Adaptez-le à votre logement.
| Zone | À vérifier | Réflexe de preuve |
|---|---|---|
| Entrée et portes | Serrures, poignées, état des portes, judas, clés remises | Photo de chaque porte et du jeu de clés |
| Murs et peinture | Taches, trous, marques de meubles, couleur modifiée | Plan large du mur puis détail du défaut |
| Plafonds | Traces d’eau, fissures, décoloration | Photo avec un objet repère pour l’échelle |
| Planchers | Rayures, taches, planches gondolées, tapis | Photo en lumière rasante |
| Fenêtres | Ouverture, fermeture, moustiquaires, vitres, calfeutrage | Photo de chaque fenêtre ouverte et fermée |
| Cuisine | Armoires, comptoirs, évier, hotte, four, réfrigérateur | Photo intérieur et extérieur des appareils |
| Salle de bain | Calfeutrage, robinetterie, toilette, ventilation, joints | Photo du bain, de la douche et du plafond |
| Chauffage et climatisation | Plinthes, thermostats, filtres, appareils fournis | Photo des thermostats et des appareils |
| Extérieur | Balcon, terrasse, stationnement, local de rangement | Photo avant nettoyage et après |
| Clés et accès | Clés, télécommandes, cartes, codes | Photo du lot complet et décompte écrit |
Cette liste suit la logique des guides d’inspection : murs et peinture, planchers, fenêtres, portes, cuisine, salle de bain, appareils, chauffage, extérieur, clés. Si vous voulez aller plus loin côté entrée, notre page sur l’état des lieux et le relevé 31 détaille la référence qui servira à la sortie.
Usure normale ou dommage : où tracer la ligne
C’est le point qui fait naître le plus de désaccords. Le locataire n’a pas à payer pour le temps qui passe, mais il répond de ce qu’il a abîmé ou négligé.
| Plutôt usure normale | Plutôt dommage ou négligence |
|---|---|
| Peinture légèrement ternie après plusieurs années | Murs percés en de nombreux endroits, peinture écaillée par l’humidité non signalée |
| Petites marques de passage sur le plancher | Rayures profondes, brûlures, taches durables |
| Joints qui jaunissent avec l’âge | Moisissure laissée sans aviser, joints arrachés |
| Électroménager qui tombe en panne par âge | Four ou réfrigérateur détériorés par un mauvais usage |
Ce tableau est un repère de bon sens, pas une grille légale : la décision finale dépend des faits, de l’âge de l’élément et de la preuve. Quand il y a désaccord, le Tribunal administratif du logement tranche, d’où l’importance de photos nettes et bien éclairées qui montrent à la fois l’ensemble de la pièce et le détail.
Une règle protège chaque partie : un locataire qui constate un défaut pendant le bail devrait le signaler par écrit. Un défaut signalé tôt devient souvent une réparation du propriétaire; un défaut tu devient un dommage.
Entretien et nettoyage : qui fait quoi
Le locataire entretient le logement dans l’usage normal : il le garde propre, évite les dégâts, signale les problèmes et répare ce qu’il a lui-même causé. Le locateur, de son côté, doit délivrer le logement en bon état de réparation, d’habitabilité et de propreté à la date convenue, et le maintenir en bon état d’habitabilité pendant le bail. Les grosses réparations, la structure, la plomberie et le chauffage fournis relèvent donc du propriétaire, sauf faute du locataire.

Pour le nettoyage de sortie, appliquez le bon sens : un logement rendu propre, sans déchets ni objets laissés. Les listes de ménage de plusieurs pages envoyées par certains propriétaires ou agents vont parfois plus loin que ce que le bail exige. Si une liste vous semble excessive, comparez-la à votre bail et demandez à la partie adverse d’indiquer sur quoi elle se fonde. Pour les règles précises, consultez le TAL.
Le ménage de sortie, point par point
- Cuisine : intérieur du four et du réfrigérateur, armoires vidées et essuyées, comptoirs, évier, hotte.
- Salle de bain : bain, douche, toilette, lavabo, miroir, ventilation sans accumulation de poussière.
- Pièces de vie : planchers balayés et lavés, plinthes, tablettes de fenêtres, prises et interrupteurs.
- Extérieur et rangements : balcon balayé, local de rangement vide, aucun déchet laissé.
- Les points souvent oubliés : dessus des armoires, rails de fenêtres et de porte-patio, filtre de la hotte, grille du chauffage.
Meubles et objets laissés
Un logement doit être rendu vide. Si des objets restent, le propriétaire ne peut pas les jeter sans autre forme de procès : la procédure à suivre dépend de la situation et de la valeur des biens. Consignez ce qui reste par photo et avis écrit, et vérifiez les règles auprès du TAL avant d’agir.

Les vérifications du propriétaire avant la relocation
Une fois le locataire parti, le logement doit être remis en état avant l’arrivée du suivant. La remise en état commence par l’inspection de sortie, puis la liste de travaux, puis la validation.
- Réparer en premier ce qui touche l’habitabilité : eau, chauffage, électricité, serrures, fenêtres.
- Remettre le logement propre : nettoyage professionnel si le rapport montre un ménage insuffisant, ou ménage en régie.
- Rafraîchir les surfaces : peinture, joints, calfeutrage, selon l’état réel et non selon une habitude.
- Vérifier la sécurité incendie : dans les immeubles visés, les avertisseurs de fumée doivent respecter la norme CAN/ULC-S531 et être remplacés 10 ans après leur date de fabrication. Vérifiez la date de fabrication inscrite sur chaque appareil.
- Contrôler les systèmes d’alarme et l’évacuation : le gouvernement du Québec présente la sécurité incendie comme une obligation proactive, avec des vérifications régulières des systèmes d’alarme et des plans d’évacuation.
- Chercher l’humidité : une trace au plafond ou un joint noirci après un départ est un signal. Notre page sur la prévention des moisissures explique pourquoi une réaction en 24 à 48 heures change tout.
- Préparer l’inspection d’entrée du prochain locataire : photos neuves, rapport à jour, clés vérifiées.
Si vous gérez un parc, ces vérifications entrent naturellement dans un plan d’entretien annuel plutôt que dans une urgence à chaque départ.
Comment documenter pour éviter le litige
Une bonne documentation est la seule chose qui protège les deux parties quand les souvenirs divergent.
- Photos nettes, bien éclairées : allumez toutes les lumières, prenez un plan d’ensemble de chaque pièce puis des gros plans des défauts.
- Horodatage : gardez les fichiers originaux, avec la date et l’heure de prise de vue, plutôt que des captures d’écran.
- Rapport signé et daté : un rapport d’inspection signé, accompagné de photos horodatées, aide à trancher quand un désaccord survient, selon un guide d’inspection d’entrée et de sortie.
- Cohérence entre entrée et sortie : mêmes pièces, même ordre, même niveau de détail.
- Conservation : sauvegardez rapports et photos au moins pendant la durée où une réclamation est possible, dans un dossier daté par logement.
Les pièges à éviter
- Improviser la visite : sans rendez-vous écrit, une visite de dernière minute laisse place aux malentendus.
- Signer un document incomplet : des cases vides ou des formules floues se retournent contre celui qui signe.
- Oublier l’état d’arrivée : sans constat à l’emménagement, il est difficile de prouver qu’un défaut est apparu pendant le bail. Un locataire qui n’en a pas peut demander conseil au TAL sur ses options.
- Nettoyer après avoir rendu les clés : le ménage doit être terminé avant la remise.
- Confondre réparation et rénovation : le locataire rend un logement propre et sans dommage, pas un logement rafraîchi à neuf.
- Attendre pour signaler un défaut : un problème de fuite ou de moisissure doit être déclaré dès qu’il apparaît.
Ce que nous voyons sur le terrain
Nous gérons des immeubles locatifs de la grande région de Montréal, et la remise est le moment où la qualité d’une gestion se voit. Un départ bien conduit commence trois mois plus tôt, avec un rapport d’entrée solide, des échanges écrits et un propriétaire qui répond vite. Un départ mal préparé, lui, coûte des semaines de vacance.
Notre conviction : la remise ne devrait jamais être une surprise. Quand le locataire sait ce qui est attendu, quand le propriétaire dispose d’un rapport en temps réel et que les réparations sont planifiées avant l’arrivée du suivant, le logement retourne sur le marché sans friction. Pour les immeubles neufs, c’est encore plus vrai : le premier rapport d’entrée sert de référence pour toute la vie du bâtiment.
La transparence compte aussi côté finances : un propriétaire qui voit les coûts de remise en état, les photos et les relevés au même endroit prend de meilleures décisions que celui qui découvre la facture à la fin.
— Fred
Confier la remise et la relocation à une équipe dédiée
Si vous possédez ou développez un immeuble locatif et que vous voulez cesser de gérer chaque départ à la main, nos services de gestion couvrent la gestion des locataires, l’entretien et les inspections, la gestion financière et comptable, ainsi que la mise en marché et la location. Notre plateforme donne un suivi en temps réel, et le service d’urgence fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Pour un projet neuf, notre offre de mise en location clé en main vise une occupation maximale dès la livraison. Nos honoraires dépendent du mandat; pour connaître les conditions de votre immeuble, contactez-nous.
FAQ
Un état des lieux de sortie est-il obligatoire au Québec?
À notre connaissance, la loi ne l’impose pas de façon générale, mais il reste fortement conseillé, car il sert de preuve en cas de désaccord. Pour votre situation précise, vérifiez auprès du Tribunal administratif du logement. Dans tous les cas, un rapport signé et des photos protègent les deux parties.
Quelle est la différence entre usure normale et dommage?
L’usure normale résulte du simple usage et du temps, comme une peinture ternie ou de petites marques de passage. Le dommage vient d’un accident, d’une négligence ou d’un manque d’entretien, comme un trou dans un mur ou une tache durable. Le locataire doit rendre le logement dans l’état reçu, sauf usure normale et défauts qui ne sont pas de sa faute.
Que faire si le locataire laisse des meubles?
Photographiez-les, dressez la liste par écrit et avisez le locataire. Ne les jetez pas avant d’avoir vérifié la procédure applicable auprès du TAL, car elle dépend du cas.
Combien de temps avant le départ faut-il se préparer?
Idéalement 2 à 3 mois. Cela laisse le temps de comparer l’état actuel au rapport d’entrée, de planifier les réparations et de nettoyer sans précipitation. Le rendez-vous de sortie se propose par écrit environ 2 à 3 semaines avant.
Qui doit vérifier les avertisseurs de fumée avant une nouvelle location?
C’est au propriétaire de s’assurer que le logement est sécuritaire pour le prochain locataire. Dans les immeubles visés, les avertisseurs doivent respecter la norme CAN/ULC-S531 et être remplacés 10 ans après leur date de fabrication.
Sources
- Tribunal administratif du logement : droits et obligations du locateur
- Éducaloi : responsabilités des locataires
- SCHL : inspections du logement locatif
- Société d’habitation du Québec : exigences d’amélioration de la sécurité des bâtiments
- Gouvernement du Québec : systèmes d’alarme-incendie dans les bâtiments existants
- Liste de vérification d’inspection à l’entrée et à la sortie