Mesurez d’abord : visez un CO2 sous 1 000 ppm, une humidité relative entre 30 % et 50 % et testez le radon sur au moins 91 jours. Une fois ces chiffres en main, corrigez par la ventilation, la filtration et le contrôle de l’humidité, dans cet ordre de priorité.
En bref:
- Le test de radon doit durer au moins 91 jours, idéalement pendant la saison de chauffage ; au-delà de 200 Bq/m³, faites dépressuriser le sol.
- Sur les systèmes à recirculation, choisissez des filtres MERV 13 et ajoutez un épurateur HEPA dans les pièces sensibles, sans appareil générant de l’ozone.
- En période de fumée ou de pollution atmosphérique, réduisez l’admission d’air extérieur et renforcez la filtration, plutôt que d’augmenter le renouvellement d’air.
- Après une infiltration ou un dégât d’eau, intervenez dans les 24 à 48 heures, puis consignez mesures et réparations pour limiter moisissures et litiges.
Table des matières
- Quels polluants se trouvent dans un immeuble et d’où viennent-ils
- Effets sur la santé et indicateurs concrets à surveiller
- Comment évaluer la qualité de l’air : outils, positionnement et durée des mesures
- Mesures efficaces pour améliorer la QAI : ventilation, filtration, humidité et remédiation
- Gestion opérationnelle pour propriétaires et gestionnaires d’immeubles
- Perspective : la QAI comme levier de valeur, pas seulement de conformité
- Notre accompagnement pour une qualité d’air maîtrisée dans vos immeubles
- Questions fréquentes
- Sources
Quels polluants se trouvent dans un immeuble et d’où viennent-ils
Un immeuble locatif abrite rarement un seul type de contaminant. Les composés organiques volatils (COV) et le formaldéhyde proviennent souvent des matériaux de construction, des peintures et du mobilier neuf. Les particules fines (PM2.5) viennent surtout de la cuisson, de la combustion ou de l’infiltration d’air extérieur pollué, tandis que le monoxyde de carbone (CO) et le dioxyde d’azote (NO2) trahissent presque toujours un appareil de combustion mal entretenu ou mal ventilé, comme une cuisinière au gaz ou un garage attenant.
Le radon, lui, s’infiltre depuis le sol par les fissures de fondation, ce qui en fait un enjeu propre aux étages inférieurs. Les moisissures et les allergènes apparaissent quand l’humidité stagne, souvent après un dégât d’eau non traité.
- COV et formaldéhyde : matériaux de construction, mobilier, produits d’entretien.
- PM2.5 et CO/NO2 : cuisson, combustion, infiltration extérieure.
- Radon : infiltration du sol par les fondations.
- Moisissures et allergènes : excès d’humidité, dégâts d’eau non réparés.
Identifier la source change la réponse technique : une infiltration se colmate, un matériau émissif se remplace, un excès d’humidité se ventile. Deviner la cause sans la confirmer mène presque toujours à une correction mal ciblée.
Effets sur la santé et indicateurs concrets à surveiller
À court terme, une mauvaise qualité de l’air se traduit par une irritation des yeux et de la gorge, des maux de tête, de la fatigue et une baisse de concentration, des signes souvent attribués par erreur au stress ou au manque de sommeil. À plus long terme, les enjeux sont plus sérieux : le radon est reconnu comme la deuxième cause de cancer du poumon au Canada, et une exposition prolongée aux PM2.5 pèse sur la santé respiratoire et cardiovasculaire.
Le CO2 devrait rester sous 1 000 ppm dans un espace occupé : un taux supérieur signale un renouvellement d’air insuffisant, bien avant qu’il ne devienne toxique en soi. L’humidité relative doit se maintenir entre 30 % et 50 % pour limiter la condensation et la croissance fongique, et le radon exige une intervention dès que la concentration dépasse 200 Bq/m³. Les PM2.5 complètent ce tableau lors d’épisodes de fumée ou de combustion, où elles grimpent rapidement.

Comment évaluer la qualité de l’air : outils, positionnement et durée des mesures
Avant de corriger quoi que ce soit, il faut mesurer avec les bons instruments, aux bons endroits, pendant la bonne durée.
- Choisissez vos instruments : un moniteur CO2 pour la ventilation, un capteur PM2.5 pour les particules, un hygromètre pour l’humidité et un kit radon longue durée pour le gaz souterrain.
- Positionnez les capteurs dans des espaces représentatifs de l’occupation réelle (salon, chambre, bureau commun), à distance des courants d’air directs, des fenêtres et des bouches de ventilation.
- Respectez la durée minimale de mesure : le radon se teste sur au moins 91 jours, idéalement pendant la saison de chauffage, quand le comportement de pression du bâtiment diffère le plus.
- Interprétez les résultats par rapport aux seuils de référence avant de conclure à un problème ponctuel ou structurel.
Conseil de pro : un test radon court, réalisé hors saison de chauffage, donne souvent des résultats faussement bas : attendez la période froide pour un diagnostic fiable.
Quand les mesures dépassent les seuils de façon répétée ou que la source reste introuvable, mandater un consultant en CVC ou en qualité de l’air devient la seule façon d’éviter une correction par essais successifs.
Mesures efficaces pour améliorer la QAI : ventilation, filtration, humidité et remédiation
La ventilation reste le levier le plus puissant. Les systèmes équilibrés, avec récupération de chaleur ou d’énergie (VRC/VRE), offrent un meilleur contrôle de la pression et une réduction mesurable de certains COV par rapport à une simple extraction, selon des essais du Conseil national de recherches Canada. Un système mal équilibré, à l’inverse, peut aspirer du radon ou de l’air de cavité au lieu de l’évacuer.
Côté filtration, viser une efficacité MERV 13 sur les systèmes avec recirculation d’air et compléter par des épurateurs HEPA portatifs dans les espaces sensibles réduit les particules fines, tant qu’on évite les appareils générateurs d’ozone, qui créent un polluant au lieu d’en retirer un.
Pour l’humidité, maintenir la plage de 30 à 50 % passe par des déshumidificateurs ciblés et surtout par la réparation rapide des infiltrations et des fuites, avant que l’eau stagnante ne devienne un terrain fongique. Le radon, lui, se traite par dépressurisation du sol dès que le seuil de 200 Bq/m³ est dépassé.
- Ventilation équilibrée : privilégier VRC/VRE et vérifier l’équilibrage des débits.
- Filtration : viser MERV 13 sur les systèmes centraux, HEPA en appoint.
- Humidité : corriger les fuites avant d’ajouter un déshumidificateur.
- Épisodes de smog ou de fumée : réduire l’air extérieur admis et augmenter la filtration plutôt que l’inverse.
| Polluant ou enjeu | Seuil ou cible | Action principale |
|---|---|---|
| CO2 | moins de 1 000 ppm | ventilation équilibrée |
| Humidité relative | entre 30 % et 50 % | contrôle des infiltrations, déshumidification |
| Radon | sous 200 Bq/m³ | dépressurisation du sol |
| Particules fines | surveiller lors de fumée ou combustion | filtration MERV 13 ou HEPA |
Gestion opérationnelle pour propriétaires et gestionnaires d’immeubles
Intégrer la qualité de l’air au plan d’entretien évite de la traiter comme une urgence récurrente. Un calendrier de remplacement des filtres, des inspections CVC régulières et des tests radon périodiques transforment un enjeu réactif en routine prévisible, comme détaillé dans notre plan d’entretien 60/90/365.
- Inscrire les inspections CVC et le remplacement des filtres dans un calendrier fixe.
- Prévoir un protocole d’intervention de 24 à 48 heures pour toute infiltration ou dégât d’eau, condition déterminante pour prévenir la moisissure.
- Documenter chaque mesure et chaque correctif pour garder une trace exploitable en cas de litige.
- Communiquer clairement aux locataires les résultats et les actions prises.
Un gestionnaire qui coordonne plusieurs fournisseurs à la fois (CVC, plomberie, entretien) réduit généralement le délai entre la détection d’un problème et sa correction, simplement parce qu’il n’attend pas qu’un seul prestataire se libère.
Perspective : la QAI comme levier de valeur, pas seulement de conformité
La qualité de l’air se traite trop souvent comme une case à cocher plutôt que comme un facteur de rétention locative. Un immeuble où l’air est mesuré et corrigé proactivement réduit les plaintes, les réparations d’urgence et les risques juridiques liés à la moisissure, alors que la prévention coûte presque toujours moins cher que la correction après coup. Le vrai rôle du gestionnaire n’est pas de réagir à la plainte, mais de rendre la plainte inutile.
— Fred
Notre accompagnement pour une qualité d’air maîtrisée dans vos immeubles
Nous intégrons le suivi de la qualité de l’air à la gestion courante des immeubles plutôt que d’en faire une démarche séparée.

Une plateforme technologique donne une visibilité en temps réel sur l’état des bâtiments, et un réseau de partenaires techniques permet de coordonner rapidement des interventions CVC, des réparations ou des tests radon sans multiplier les intermédiaires.
- Gestion courante incluant inspections CVC et suivi des plans d’entretien.
- Service d’urgence disponible en tout temps pour les dégâts d’eau et incidents similaires.
- Rapports financiers et opérationnels accessibles en continu.
Consultez notre page nos services pour voir comment nous pouvons prendre en charge la gestion de votre immeuble, ou écrivez-nous pour discuter d’un audit de la qualité de l’air adapté à votre bâtiment.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin qualifié. Consultez un professionnel de santé qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Questions fréquentes
Comment savoir si l’air de son logement est sain ?
Le signe le plus fiable reste la mesure : un moniteur CO2 qui reste sous 1 000 ppm et une humidité relative entre 30 % et 50 % indiquent une ventilation adéquate. L’absence d’odeurs persistantes, de condensation sur les fenêtres ou de traces de moisissures sont de bons signaux complémentaires, mais seul un test radon confirme l’absence de ce risque invisible.
Qu’est-ce que la pollution de l’air intérieur ?
Il s’agit de la présence de contaminants comme les COV, les particules fines, le monoxyde de carbone, le dioxyde d’azote, le radon ou les moisissures dans l’air d’un espace fermé. Ces substances proviennent des matériaux, de la combustion, des infiltrations ou de l’humidité stagnante, et leur concentration dépend directement de la qualité de la ventilation.
Quel taux d’humidité viser dans une chambre pour une personne asthmatique ?
La plage recommandée pour limiter les moisissures et les acariens, deux déclencheurs fréquents de crises d’asthme, se situe entre 30 % et 50 %. Au-delà de ce seuil, le risque de croissance fongique augmente nettement, tandis qu’un air trop sec irrite les voies respiratoires.
Quels sont les symptômes d’une mauvaise qualité de l’air intérieur ?
Les signes les plus courants sont l’irritation des yeux et de la gorge, les maux de tête, la fatigue inhabituelle et la difficulté à se concentrer. Ces symptômes apparaissent souvent progressivement, ce qui les rend faciles à confondre avec d’autres causes avant qu’un test ne révèle un taux de CO2 ou d’humidité hors norme.
À quel moment faut-il tester le radon dans un immeuble ?
Le test doit durer au moins 91 jours et se dérouler idéalement pendant la saison de chauffage, période où la pression du bâtiment favorise l’infiltration du gaz depuis le sol. Un résultat supérieur à 200 Bq/m³ justifie une intervention de mitigation, généralement par dépressurisation du sol.